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On the afternoon of 4 June, 1836 some plumbers engaged in repairing wind damage to the roof of the cathedral apparently accidentially started a fire which, over the next few hours, spread throughout the “forêt” of the complex carpentry beams (“charpente”) which supported the roof of the nave, apse, transepts and West towers.

 

Despite the arrival of fire crews and volunteers from the surrounding towns (from as far away as Le Gué-de-Longroi and Illiers), who essentially had to look on helplessly due to the impossibility of getting water to the site of the fire itself, while the lead of the roof covering eventually melted, the charpente was completely consumed, and the surrounding town was showered with burning embers and a light “rain” of vaporized lead, falling in small pellets.

 

As this event was of considerable import for both the history of the cathedral and for the historiography of Chartrain research (cf. vdM’s Bibliography, pp. 8ff) and because a nearly-contemporary, detailed description of it may shed light on the nature of the previous fires which have punctuated the cathedral’s history, we reproduce Lucien Merlet’s re-telling of Honoré Lejune’s narrative below.

 

Merlet’s account appears in an annonymous publication which is rather difficult to identify, bibliographically. As the copy which I have seems to be rather scarce (though very close to a work mentioned in van der Meulen's bibliography entry *2275), I will offer an extended description. [1]

 

In any event, Chapter XXIV, surely the work of Lucien Merlet, is a lengthy description of the fire of 1136, largely based on the notes and account of the late Honoré Lejune, published in the Annuaire…du département d’Eure-et-Loir in 1839 (pp. 263-310; vdM 1566).

 

[p. 158]

CHAPITRE XXIV.

Incendie de la Cathédrale, le 4 juin 1936.

 

 Nous avons indiqué rapidement les divers incendies qui détruisirent tout ou partie de la cathédrale en 1020 sous l'évêque Fulbert, en 1194 et en 1506; il nous reste à parler du plus terrible de ces désastres, arrivé à une époque toute moderne et dont les traces ne sont pas encore entièrement effacées. Nous emprunterons le récit [p. 159] de cette épouvantable catastrophe à la narration qu’en fit en 1839, dans l'Annuaire du département, M. Lejeune, notre si estimable st si regrerté confrère, qui fut témoin oculaire de cet horrible drame et qui dans ses notes en avait recueilli tous les détails.

  Dans la matinée du 4 juin 1836, des plombiers, occupés à réparer les avaries causées par la violence du vent à la toiture de la cathédrale, avaient fait quelques soudures à la noue N.-O. du transept ou bras de la croisée joignant l'abside au grand comble de la nef. Cette opération avait nécessité la présence d'un cagnard rempli de charbon, allumé et déposé sur les dalles en pierres de la galerie supérieure (large d'un mètre) au pied de cette noue.

 A deux heures, ces ouvriers qui n'avaient remarqué ni même soupçonné rien d'extraordinaire dans le voisinage de leur cagnard, et qui d’ailleurs, d'après la disposition des lieux, se trouvaient dans l'impossibilité de reconnaitre l'existence d'une parcelle de feu, entrainée à leur insu sous le ravalement, et déposée sur une couche de poussier extremement combustible, espèe d'amadou formé par le temps au pied de cette charpente desséchée, flétrie par les intempéries et altérée par les siècles : ces deux ouvriers, disons-nous, étaient descendus avec sécurité pour prendre leur répas.

  De retour sur leur galerie, vers les trois heures et demie, ils y font les préparatifs pour continuer leur travail, rallument leur charbon, chaufient leurs soudoirs. Vers quatre heures et demi, l'un des plombiers, suspendu a sa corde nouée à 35 ou 60 pieds d'élevalion, jette à son manœuvre le cordeau destiné à monter le fer chaude; il s'aperçoit que sa corde manquait de longueur pour atteindre jusqu'à la galerie; alors il donne à ce dernier l'ordre d’aller, dans l'intérieur de la charpente, [p. 160] détacher un un autre cordeau accroché à l'une des aiguilles qui soutenaient la faîtage. Ce fut en revenant du point où il s'était porté que le manœuvre, traversant cette multitude de pieces de la eharpente et passant sous la noue, se trouva tout-à-coup arrêté par un point lumineux fixé dans une cavité du dallage des murs du grand comble et qui existait au pied même de cette noue : il s'approche, il examine attentivement et reconnaît que le feu attaque sur ce point la base de la pièce inclinée.

  Alors le manœuvre, saisi de la plus vive émotion, arrive à la galerie en s'écriant : Le feu !..... le feu!..... Le plombier ne le comprend pas dabord, s'imagine qu'il cst question d'un incendie dans la campagne et plonge autour de lui ses regards dans le lointain qui ne lui offre rien de remarkable; à cette méprise, le manœuvre tout tremblant redouble ses cris en ajoutant: C’est dans la charpente. Aussitôt le plombier descend rapidement, pénètre dans le comble pour juger le mal par lui-même, court saisir le vase destiné à contenir l’eau nécessaire à leurs besoins; il le trouve vide et vole chez le sonnour André, au pied de l'édifice.

  Dans ces entrefaites, l'enfant, resté seul sur la galerie, tombe sans connnissance, et tandis qu'André se porte au comble avec celérité, le plombier appelle à son aide un maçon qui se trouvait au rez-de-chaussée; puis, armés chacun de deux seaux d'eau, ils gravissent l’escacalier; mais, par une fatalité bion funeste, la porte à laquelle ils se présentent s'étant refermée sur le sonneur qui les avait précédéS, ils furent contraints de recourir à une autre pratiquée sur un point éloigné, et ce n'est qu'après do longe détours, péniblement parcourus, qu'ils abordent enfin le pied de noue, déjà enflammée d'une maniore désespérante. Le feu, activé par un vent continuel et [p.161] violent qui souflait de bas en haut par de nombreuses ouvertures, s'élevait à plus de vingt pieds au-dessus de leurs têtes. Il était alors plus de cinq heures et demie. Que l'on juge de l'anxiété de ce petit nombre de travailleurs! Leurs sécours sont impuissants, leurs forces s'épuisent. En vain luttent-ils contre le fléau qui les domine ! sous leurs yeux les progrès de l'incendie marchent à pas de géant, et le temps s'écoule en efforts inutiles. C’est dans cette cruelle extrémité qu'un sonneur se porte enfin au beffroi, où il arrive à six heures vingt minutes.

  A peine ce cri déchirant: Le feu est à la cathédralel ! est-il lancé par le porte-voix, que M. Gabriel Delessert, préfet d'Eure-et-Loir, apparaît le premier sur la galerie haute au point que l'incendie venait d'attaquer. A sos côtés on voit le plombier Favret et le sapeur-pompier Brazon. En quelques minutes, se groupent autour de ce digne magistrat un certain numbre de généreux citoyens qui s'empressent de le seconder de leurs lumières, du secours de leurs bras et de prendre ses ordres. Déjà M. Duchesne-Mirey, capitaine des sapeurs-pompiers, est au pied de l'edifice,  à la tête de sa compagnie. Des  chaînes sont organisées et les pompes sont on état de fonctionner.

  L'ordre est donné de tenter de faire la part du feu en coupant la toiture. Il s'agit, à l'aide de la corde à nœuds, de se porter sur le faite, à quelque distance du point où surgit la fumée. Ce poste dangereux ne peut être abordé que par un coup d'audace et du plus hardi dévouament. Farret et Brazon se présentent avec un sang-froid oraiment admirable.

  Favret, armé seulement de sa cardo à nœuds qu'il porte en écharpe, gravit adroitement, avec le seul secours de ses mains, le long du cordon de l’arrétier en pierres du grand pignon de l'église, du côté du clocher neuf.

[p. 162]

  En peu de minutes il a franchi, en évation, une ligne de 45 pieds et atteint le faîte sur lequel il apparait debout, s'avançant vers le point où l’incendie dévorait déjà la charpente d'une manière effrorable. A cette scene inattendue les spectateurs sont glacés d’épouvante, en le voyant marcher avec une rapidité indicible et une sorte de sécurité sur la crête perfide du volcan qui s'improvise sous ses pieds, dans les flancs de la couverture, et dont l'éruption spontanée peut l'engloutir sans qu'il soit possible de le sauver.

  Déjà la chaleur excessive que ressentait sous ses pieds ce généreux ouvrier l'avait forcé de changer de position, lorsque M. le préfet, saisi d'un juste effroi, lui cria de la galerie : Hâtez-vous de descendre, ne perdez pas une minute. Le plomb, de toute part, se mettait visiblement en dissolution. Favret, contraint de battre en retraite, saisit avec prestesse sa corde nouée qu'il a le bonheur de retrouver encore intacte, puis on le voit, dans l'espace de quelques secondes, se glisser comme un trait et tomber sur la galerie entre les bras de Brazon, pui le reçoit avec l'émotion de l’anxiété la plus poignante, à la vue du plomb fondu qui commenée à ruisseler sur ses mains et à ses côtés. Une minute plus tard son sort eût été affreux.

  Ce mouvement rapide était à peine exécuté que l'ordre est donné de pratiquer dans le flanc de la toiture des ouvertures deslinées à fournir les moyens de pénétrer dans l'intérieur de la eharpente pour tenter d’y porter de prompts secours.

  En ce moment on montait, par l'esealier du clocher neuf, la petite pompe volante, dans le but de l'uliliser sur la galerie; il fut impossible d'y parvenir. On se trouva donc réduit au service de la gande pompe placée [p. 163] au pied de 1'édifice, en hissant les boyaux dont elle était armée jusqu'à la galerie supérieure.

  Cependant le lieutenant Petey et Brazon, munis chacun d'une hache, ont frayé le passage ordonné. Le premier, armé de la lance de la pompe placée sur la galerie intermediaire, suivi de Brazon et de l'architecte Damars; pénétre dans cette forêt, au milieu d’une épaisse fumée qui les entoure. Leurs efforts sont inutiles; la marche toujours croissante du feu rend leur manœuvre impuissante. L'architecte Damars, jugeant l'imminence du danger qui les enveloppait, s'écria: Retirons-nous ou nous sommes perdus.

  Au même moment, l'incendie qui se développe avec le bruit d'une tempête subite, surgissant sur toute l’étendue de l’édifice, produit un mugissement qui n’a de comparable que le bruissement d'un ouragan furieux qui l'assiége de toutes parts. On venait d'ouvrir les trois portiques pour faciliter la sortie de l'église de son mobilier transportable. Cette disposition subite imprime un movement si violent au vent qui s'engouffre dans l'intérieur du vaisseau, que la colonne d'air qui le remplit s'ébranle tout-à-coup pour se mettre en équilibre avec la colonne supérieure, grandement raréfiée par l`intensité déja si forte du feu qui remplissait les flancs de la toiture; son passage rapide par les œillards multipliés dont la voûte est percée se prononce avec un sifflement étrange. Dans un clin-d'œil le plomb disparait en totalité par un effet tout magique sous l'action instantanée de ces nombreux soumets, et le comble, dépouillé entièrement de son manteau, n'offre plus qu'une carène embrasée dont on voit les parties se détacher successivement, se plier les unes sur les autres et tomber sur la voûte comme les chênes d'une forét qui cèdent aux [p. 164] efforts d’une trombe impétueuse. Dans l’intérieur de la charpente, au momont où l'air se fraya un passage aussi rapide,  la commotion fut si violente que plusieurs morceaux de plomb de la couverture furent lancés à plus de quarante pieds d’élévation.

  Les fermes du grand comble de la grande nef, en ce pliant les unes sur les autres, s'inclinerent toutes vers les deux pyramides. Ce mouvement produisit un doublc effet; d'abord, il encombra du brasier le plus ardent l'espace qui les sépare et détermina la eombustion de la eharpente qui garnissnit intérieurement chacune d'elles en introduisant le feu par les ouvertures qu'elles présentaient à leur base. Ensuitc, du même coup, il refoula vers la base de ce grand édifce une masse énorme de fumée épaisse plombée, d'une teinte bleuâtre, verdâtre et lithargineuse qui, enveloppant spontanoment le monument, envahit tout le cloître. L'intensité du calorique qu’elle renfermait fut telle que les nombreux travilleurs qui  occupaient  la  place furent  contraints de  reculer jusqu’aux habitations qui en forment la ceinture et de se cacher la figure pour se dérober à l'action subite d'une chaleur insuportable, en même temps qu'à une suffocation pénible. Chacun d’eux ressentit au même instant une pluie légère de plomb volatilisé qui tombait par petits globulcs d'une extreme tenuosité. Cette situation pénible fut de courte durée, le vent qui soufflait autour de l'église ayant emporté rapidement ce nuage de plomb fondu vers l'est-sud, cn fuyant au-dessus de la basse ville, sur laquelle elle sema une quantité prodigieuse de parcelles de fcu qui la mirent en danger. La nuée que formait cette épaisse fumée s'étendit sur un espace de cinq lieues, puisqu'au village du Gué-de-Longroy on éprouva son odeur lithargique.

[p. 165]

  Cependant l'aiguille à laquelle se rattachaient toutes les fermes de l'apside résiste encore quelques instants. Semblablc au grand mât d'un navire de haut bord, on la voit surgir d'une mer dc feu. L'ange Gabriel qui couronne son sommet, sentinelle saçrée à la garde séculaire, touché le terme de sa religieuse surveillance; triste témoin de ce grand désastre, il voit tombcr lcs derniers arcs-boutants de son piédostal dont la construction hardie élait dégaigné le secours d’un point d'appui vertical; il fléchit enfin, perd son centre de gravité, puis s'inclinant majestueusement en face des deux pyramides destinées à lui survivre, et comme pour leur donner un solennel et dernier adieu, il se plonge dans la fournaise où il disparait pour toujours. Ainsi, vers sept heures et demie, cette forêt mcrveilleuse se trouve entièrement dévorée et le plan supérieur du monument ne  présente  plus qu'une immense plage de feu.

  On s'occupe cependant de préserver de l'atteinte d'une pluie de feu poussée par un vent violent qui souffle do l'ouest-sud la ville bassc et particuliarement les maisons situées au pied et à peu de distance de l’édifice incendié. Dans ce but, une pompe est placée dans le cloître, en face de la maîtrise des enfânts de chœur, au bas de l'abside, côté de l'est-sud.

  Une seconde, en station rue de la Corroierie, a pour objet de protéger. la basse ville, placée sous l'action d'une pluie de feu incessente, dont l'effet alarmant perpétue la danger dans toutcs les habitations.

  Les toitures des maisons voisines de l'eglise sont garnius de couvertures mouillées et continuellement arrosées. Des pompiers armés de haches et munis de seaux à incendie sunt en observation sur les toits et dans les gouttières, en même temps que les propiétüires eux-[p. 166] mêmes, secondés de travailleurs, ramassent et éteignent, avec la surveillance la plus minutieuse, les charbons pui tombent sans intermittence.

  Toutefais, quelque grande que fût cette activité, la violence du vent pui semait l'incendie la mit un peu en défaut : le feu prit dans les batiments des Dames de la Providence, mais on parvint aussitôt à l’arreter.

  Enfin, le service de la pompe de Saint-Georges-sur Eure qui arrive en toute hâte, est organisé dans la cour centrale de l'hospice et doit mettre à l'abri de tout danger ce précieux établissement.

  En ce moment arrive le maire de Saint-Prest à la tête des habitants de sa eommune. Il aborde l'edifice au pas de course et dans un ordre remarquable. On le charge aussitôt de surveiller et de garantir l'intérieur de I'église, menaeé sur un grand nombre de points à la fois. Il venait de prendre position à peu de distance de l'entrée de la porte du midi, vers laquelle une ehaîne, subitement organisée, se trouvait sous ses ordres, et il avait à peine éteint quelques morceaux de charpente embrasés et tombés par le grand œillard du transept, lorsqu'un jet de fumée, sorti du sommet de l'orgue, indique un point important sur laquel son service doit être erclusivement dirigé. On se porte en toute hâte à la galerie intérieure de la nef; une chaîne, formée par les éléves de l’école normale, occupe l'escalier qui mène à l’orgue, et l'aetivité des travailleurs est telle que quelques moments suffisent pour se rendre maitre du feu. Ainsi, la couverture des soufflets de l’orgue se trouva garantie avec unre promptitude égale à celle de l’atteinte qu’elle venait de recevoir.

  Déjà toute la eharpente se trouvait abîmée dans un océan de feu, qui continuait d'en dévorer les déhris. On avait craint un moment que la chute des fermes [p. 167] n'ébranlât les voûtes par leur poids, majs leur épaisseur, et surtout la solidité de leur construction, les garantissaient de tout aceident. D'ailleurs, il est nécessaire d'observer que les entraits(1) qui servaient de base à chaque ferme(2), établissaient au-dessus de ces voûtes un grillage en forme de plancher, qui, par la force des piéces dont il se compossit, offrant une grande résistance aux débris, presque aux trois-quarts rongés part le feu, qui s'y précipitaient, en amortissaient tellement les coups, que les voûtes ne subirent alors qu'une bien faible partie de la grande commotion à laquelle elles se trouvaient exposées dans cette combustion instantanée, dont la rapidité présenta l'image parfaite de la foudre qui frappe et pulvérise dans un clin-d'œil.

  Les fermes du grand comblc aboutissant et occupant horizontalement, sur quarante à cinquante pieds environ, l'espace compris entre les pans du développement en élévation des deux clochers, n'avaient pas éprouvé dans leur combustion le même mouvemeni que le surplus des autres fermes de l'édifice. Les pièces qui les composaient tombèrent à droite et à gûuche sur ces espèces de murailles, et s'appuyèrent en partie sur les portes en chêne qui fermaient les ouvertures établies au niveau de la galerie supérieure, avec laquelle elles étaient en communication. Lc foyer de l'incendie, ainsi concentré dans cet espace fermé de trois côtes, ne tarda pas à détruire ces elôtures et à étendre ses ravages jusque dans l'intérieur des deux tours, en attaquant la charpente qu'elles eontenaient.

 

1. Leur équarrissagc portait de 10 à 12 pouces.

2. Elles se composaient de bois de 7 à 8, et se trouvaient étlblies à trois pieds de distance l'une de l'autre.

 

[p. 168]

  Ce fut vers huit heures du soir que la fumée, sortânt du clocher neuf, donna l'offroyable certitude du sort qu'il devait subir.

  La consternation augmente au mament où l'on voit briller la flamme dans la charpente de la sonnerie; en peu d’instants cette tour pyramidale, percée sur ses quatre faces de seize grandes ouvertures, se transforme en un phare étincelant de la plus vive lumière, qu'il projette au loin à travers les jours d'une ceinture qui se développe avec la légèreté de la plus riche dentelle; puis, dans un tableau qui tenait de la magie, dessine tout-à-caup l’élégance merveilleuse de ses formes, et présente l'étonnant spéctacle d'une bello horreur qui glace d'effroi la ville entière.

  L`incendie produit alors des effets pyrotechniques, dont l'étrange variété fixe pendant leur durée la trop pénible attention des spectateurs, par l'ascension incessante des jets d'étincelles pétillantes qui semblent s'échapper des joints de chaque picrre, et forment un réseau admirable de fcux de  diverses coulcurs, enveloppant et éclairant jusqu'à son sommet ce cône si hardi, de manière à faire distinguer à l'œil nu toute la beauté du travail de sculpture dont il est enrichi; puis, la lanterne de l'escalier en colimaçon qui canduit nu beffroi, et dans l'intérieur de laquclle la flamme pénétre, vient ajouter à ce spectacle merveilleux un effet tout pittoresque.

  C'est en vain que l'on tente de porter dcs secours si urgents sur ce point du plus haut intérêt, on est obligé de receuler davant l’impossibilité, résultant soit de la difficulté de l'abordage, soit de la force désespérante du fléau; on est condamné à voir dévorer cette charpente durant cinq heures eonsocutives; l’intérieur de cette [p. 169] magnigique pyramide ne présente plus que l'aspect de la fournaise la plus ardente. Les cloches, restées longtemps rouges et suspendues au milieu des poutres qui les supportent, cédant enfin à l'activité du feu vers neuf heures et demie du soir, perdent leurs points d'appui et se precipitent sur la voûte dans le brasier qui s'y était formé. Le movement qu'elles subissent dans leur chutte, fait jaillir au dehors, sur le pavé du cloître, le battant de l'une d'ellcs, en même temps que deux fragments de leurs bases échappés à la fusion; ils entrînent avec eux quelques morceaux de charpente enflammés. Le métal reste prisonnier sur le plancher dc la voûte, clos hermétiquement.

  Durant l'anxiété  qui pèse sur la ville à l'aspect effrayant de cet obélisque de feu, si tragiquement improrisé, dont le sommet semblait se perdre dans les nues et dont l'écroulement subit devait entraîner une bien dangereuse calamité, le mugissemcnt de cette fournaise aérienne offre l'image poignante d'un râle d'agonie, dont le marteau du belfroi ne discontinue pas de sonner les heures avec une régularité qui présentait quelque ehose de solennol.

  Bientôt les entrailles de cette noble victime se trouvent dévorées, et l'inlensité du feu sensibelement diminuée en ronge encore les débris, lorsque le marteau de l`horloge, frappant minuit, vient consoler quelques instants les cœurs chartrains, et leur annonce que leur belle pyramidc, apès avoir bravé les orages de trois siècles, a touché le terme de la plus rude épreuve et que son sort est fixé.

  Ainsi, la part du feu se trouve circonscrite sur ce point et le belfroi sauvé comme par miracle. Un moment de sécurité répand quelque calme dans les esprits, [p. 170] sans toutefois les affranchir des nouvelles angoisses qui leur sont réservées, et auxquelles ils se préparent en voyant quelques jets de fumée s'échapper du clocher vieux.

  Pendant en temps arrivent les pompes des communes de Morancez, Dammarie, Sours, Thivars, Fontaine, Saint-Piat, Jouy et Illiers; cette dernière offre le secours des deux qu’elle possède. Toutes sont utilisées à mesure qu'elles se présentent, et leur station varie suivant les besoins commandés par la nécessité du moment.

  Aux six heures qui venaient de s'écouler dans l'agitation du travail le plus pénible succédait le calme morne et douloureux d'une nuit éclairée par les feux mourants qui couronnaient toujours le sommet de l'édifice et destinée à devenir le triste et douloureux témoin d'une catastrophe dont les éléments se préparaient dans l'interieur d'un fourneau perfide qu'une masse de pierre dérobait aux regards de tous. Le moment rcdouté de l'explosion de ce nouveau et dernier volcan qui derait éclater d'un moment à l'autre entrotenait toujours les angoisses sous l'empire desquelles la ville n’avait pu encore cesser de gémir.

  Le problème de l'existence du clocher neuf venait d'être heureusement résolu; mais les alarmes se portaient avec d'autant plus d'empressement et d'intérêt sur le clocher vieux, que le public, depuis long-temps imbu de l'idée fausse de son manque de solidité, ne pouvait se soustraire à la crainte de voir céder aux effets de la puissance déstructive de son énorme charpente. Le feu qui le rongeait sourdomcnt depuis dix heures du soir avait acquis un degré d`intensité qui rcndnit inutiles et même dangereux les sècours que l'intrépidité la plus courageuse pouvait tenter d'y porter.

[p. 171]

  Le feu, qui s'était introduit dans l'intrieur du clocher vieux, par la porte établie dans l’angle, donnant sur la galerie haute, avait attaqué et miné en contre-bas l'énorme charpente destinée à contonir ct suspcndre les trois bourdons. Ce foyer ardent, apèrs six heures d'action, en avait tellement torréfié et afflaibli la base, que la pesanteur de ces fortcs poutres, dont l'assemblage surgissâit a plus de soixante pieds, chargée en outre du poids de trois immcnses échelles qui conduisaient à la lucarne ouverte au pied de l'échelle de fer, fixée en dehors au-dessous de la pomme, venant à s'afaisser tout-à-coup sur les trois heures et demie du matin (5 juin), produisit une explosion épouventable dont il devint impossible de décrire les véritables effets.  En un clin-d'œil la base de cet énorme eône n'est plus à son intérieur que le cratère d'un volcan qui, se faisant jour par vingt bouches à la fois, vomit horizantalement vingt colonnes de feu qui s’élancent à trcnte pieds de distance de la tour, qui s'en trouve enveloppée dans toute sa hauteur et forme tout-à-coup une brillante et énorme pyramide de feu. Au vif éclat dc son effrayante lumière, l'obscurité de la nuit disparaît et la ville entiére, dépouillée, comme par enchantement, du voile lugubre qui la dérobait, est spontanément éclairée comme en plein jour pendant plus d’un quart-d’heure.

  A l’annonce de cette nouvelle calamité, on bat la générale, et, lautes les craintes se réveillant alors, on croit avoir touche le moment fatal où les sinistres prévisions dont on était frapée vont s’accpomplir. On pense que cette masse énorme, cédant enfin à toute la puissance de son élément destructeur, va se dechirer, et, par la projection de ses lourds débris, écraser tout ce qui l'entoure; mais, par un bonheur inespéré, ces trous, ces fissures, en se [p. 172] débouchant tout-à-coup, offrirent autant de soupapes de dégagement à l'air dilaté et fortement comprimé, autant de ventouses salutaires qui le mirent promptement en équilibre avec l'atmosphère dont le clocher était enve­loppé.

  Ainsi le sinistre qui semblait annoncer son heure dernière ne devint qu'une crise heureuse à laquelle il dut le maintien de son existence; et il est permis de croire, après une épreuve aussi extraordinaire, que le problème de la grande solidité de sa construction est maintenant résolu, puisqu'il demeure toujours immobile sur sa base à la suite de l'attaque la plus violente que la Providence lui avait assignée pour notre époque.

  Cependant la population, accourue vers le cloître au cri d'alarme lancé au milieu de la nuit, attendait, dans la consternation, les résultats du grave événement qui venait de l'arracher à un repos bien loin d'être exempt de toute anxiété.

  On ne tarda pas à reconnaître d'abord de la stagnation dans les effets du sinistre, puis une amélioration graduée qui se fit bientôt remarquer dans ceux de cette explosion.

  Les débris de la charpente, rongés en grande partie par les six heures de cet incendie, intérieur, une fois précipités au foyer de cette fournaise si ardente, y furent promptement dévorés, et, faute d'aliment, l'intensité diminua tellement qu'une demi-heure à peine écoulée avait fait renaître le calme dans les esprits agités.

  Déjà un sentiment de quiétude sur le sort du clocher vieux avait pénétré dans l'âme de chaque spectateur, qui renaissait de plus en plus à l'espérance. Enfin, l'amélioration d'un tel état de choses fit de tels progrès qu'à quatre heures et demie du matin, les abords du clocher, devenus pratiquables, permirent d'y établir le [p. 173]  service d'une pompe pour éteindre les restes de l'incen­die. A cinq heures, on se trouvait enfin maître du feu et chacun put respirer avec sécurité.

  Un dernier devoir restait à remplir au Préfet. Il ne pouvait pas suffire à l'administrateur juste et éclairé d'avoir acquitté sur-le-champ la dette de la reconnais­sance publique envers la masse des citoyens qui l'avaient si généreusement et si largement secondé dans une catastrophe d'une si douloureuse mémoire; sa conscience ne le tenait pas quitte envers un petit nom­bre d'hommes qui s'étaient plus particulièrement dis­tingués sous ses yeux. Le gouvernement, qu'ils avaient si utilement servi dans cette grave circonstance, leur devait à son tour un témoignage particulier, mais éclatant de sa munificence, un titre honorable destiné à perpétuer dans leurs familles le souvenir d'une belle action. Ce fut donc en vue, non-seulement d'acquitter le présent, mais encore de confier à l'avenir des germes d'espérance qu'il se trouve chargé de développer et de faire fructifier dans les grands jours d'infortune qu'il nous réserve, que M. Gabriel Delessert se crut dans l'obligation de signaler à la justice bienveillante du Roi une série de noms tant recommandables par des faits marquants.

  Sa Majesté fit un choix et daigna honorer de médailles rémunératives en argent :

MM. 1° denis (François), maire de Saint-Prest;

percebois (Nicolas-Désiré), lieutenant de sa­peurs-pompiers de la même commune;

 

 

— m —

favret (François-Désiré), ouvrier plombier de Chartres;

brazon (Louis),)             5o darde (Claude): } sapeurs-pompiers de Chartres;

6" dauvilliers (Jean), lieutenant des sapeurs-pompiers de Saint-Piat;

7o andré, sonneur de l'église de Notre-Dame;

mittier (Michel), sergent-major de la garde nationale de Chartres;

juteau (Maxime), plâtrier;

10° Et la dame coeffé (Victoire-Pauline), née Gillot, qui n'a pas quitté un instant le théâtre de l'incendie où elle a rendu de très-grands services.

La distribution de ces médailles d'honneur , aux citoyens de la ville qui les avaient méritées, fut faite par M. le Maire, le 11 novembre 1836, dans une séance solennelle de son Conseil municipal.

Chacune de ces médailles en argent, grand module de 23 lignes de diamètre, était accompagnée d'un brevet spécial pour chacun et comprenant l'autorisation de la porter ostensiblement à sa boutonnière. L'ordre du Roi est du 13 août 1836.

Chaque médaille comprend,

A la face : l'effigie de Sa Majesté Louis-Philippe, roi des Français ;

Au revers : la force et l'humanité soutenant une cou­ronne au-dessus d'un ovale, dans lequel est écrit :

[p. 175]

                                    A(N.)

POUR LE COURAGE  ET LE DÉVOUEMENT DONT IL A FAIT PREUVE DANS L'INCENDIE DE LA CATHÉDRALE DE CHARTRES. 4 ET 5 JUIN 1836.

Le 3 août 1836, le Conseil municipal de la ville de Chartres, voulant acquitter la dette de la reconnaissance publique envers M. Gabriel Delessert, vota en son hon­neur, et pour perpétuer le souvenir de sa. belle et noble conduite pendant le cours de cette grande infortune, une médaille grand bronze, composée d'un mélange du métal des cloches mises en fusion.

Elle porte à la face, pour exergue, cette légende:

CATHÉDRALE DE CHARTRES, INCENDIE DES 4-5 JUIN 1836.

Au centre en relief : l'église Notre-Dame. Au-dessous : métal des cloches fondues par l'in­cendie. Au revers, pour exergue : délibération du conseil

MUNICIPAL, 3 AOUT 1836.

Au centre d'une couronne de chêne on lit ces mots : a

M. GABRIEL DELESSERT, PRÉFET, LA VILLE DE CHARTRES RECONNAISSANTE.

Le diamètre de cette médaille porte 31 lignes. Elle fut présentée à M. le Préfet d'une manière très-solennelle, par M. Adelphe Chasles, Maire et ses deux Adjoints, MM. Durand et Le Tellier, accompagnés de plusieurs membres du Conseil.

[p. 176]

  Aussitôt que cet horrible sinistre fut connu à Paris, une Commission fut nommée dans la Chambre des Députés pour aviser aux moyens de parer à un si grand désastre; M. Ad. Chasles, député du département est nommé rapporteur, et le 5 juillet 1836 est rendue une loi qui ouvre au Ministre des Cultes pour les répara­tions de la cathédrale un premier crédit de 400,000 fr.
  L
e 18 juillet 1837, la Chambre vota un nouveau crédit de 750,000 fr. pour complément de dépenses. C'est avec ces premières sommes de 1,150,000 fr., augmentées successi­vement de divers crédits supplémentaires, qu'on est par­venu non-seulement à conserver notre cathédrale, mais à la mettre à l'abri de toute destruction pour l'avenir.

  Nous allons donner un rapide aperçu des principales dépenses de la restauration.

20.714fr.81c. 45,252   97 4,231    »

1° Déblais des voûtes après l'incendie.............

2° Couverture provisoire des voûtes en béton ...........

3° Couverture de la soufflerie des or­gues et des bas-côtés. .......

62,769 33,929

37 39

4° Restauration du clocher neuf: tra­vaux de maçonnerie, charpente, plom­berie et serrurerie .......

5° Restauration du clocher vieux. .

45,188

73

6° Reconstruction de l'assise de cou­ronnement au pied des grands combles, et maçonnerie des murs sous les che­naux en plomb. ........

678,504

28

7° Reconstruction des grands combles en fer et fonte .........

A reporter.          890,590   55

[p. 177]

 --Report. . . . 890.590fr.55c.

8° Fourniture de tuyaux en fonte pour la conduite des eaux pluviales. .    4.431   54

9° Reconstruction en pierre de la ba­lustrade existant autour de la galerie supérieur, située au bas des combles, des nefs. bras de la croix et abside de la cathédrale .........   22.400   38

10° Peinture des grands combles en fer et fonte ..........    7.845   63

11° Restauration de la sculpture d'or­nements à faire au clocher neuf . . .   17.058   22

12o Réparation des plombs placés au pied des consoles des fermes des grands combles ...........    1,042   72

13° Couverture en cuivre des grands combles en fer. ........ 193.068   75

140 Exécution d'une figure d'ange sur le chevet de la cathédrale .....    9,045    »

15° Cheneaux et descentes en plomb des grands combles .......   12,820  59

16° Passerelle sous les combles . .    3,044   73

17° Chalières pour éclairer les grands combles ...........  . 1,921   92

18° Murs à construire sous les cheneaux en plomb conduisant les eaux pluviales aux tuyaux de descente . .    2,121   38

19° Armature en fer destinée à sup-• porter Fange .........    2.005   50

20° Travaux au sommet du vieux clocher pour le paratonnerre ....    3,776  61

A reporter.        .1,171,173

 


[1] The title page reads :

Histoire et Description // de l'Église cathédrale // de Chartres // dedée par les Druides à une Vierge qui devait enfanter. // Revue et augmentée // D'un Description de l'Église de Sous-Terre et d'un récit // de l'incendie de 1836. // Chartres // Petrot-Garnier, Libraire-Éditeur // Place des Halles, 16 et 17 [vignette of two angels holding plant sprigs and, between them, an over-sized camisette with an image of the Virgin, crowned, standing and holding the Child, with a crown of thorns above and, above that, a banderol with the inscription "CARNVTVM TVTELA"]. Small octavo. Pagination : [1], [2], iv, [1], 211pp. [1], with four full-page woodcut plates : a frontispiece titled "Notre-Dame-du-Pilier" (which looks like the "new" neo-gothic installation still in place) between pages iv and 1; "Cathedral de Chartres" (a view from the northwest, signed "E Therona?" and "Itrichon"?); an untitled view of the lower south transept facade, signed "Andrew, Best, Leloir" between pp. 12 and 13; "INTÉRIEUR DU VIEUX CLOCHER // avant l'incendie du 4 juin 1836" (unsigned), between pp. 24 and 25. There is a nice little cul-de-lamp of Notre-Dame-du-Pilier at the end of the text (p. 207) and a colophon at the bottom of the last page of the TABLE (P. 211) : Chartres. GARNIER, imprimeur de Mgr l'Évêque."

Pp. i-iv consist of a "Préface" signed "K.L.M. // Chartres, 9 Octobre 1860."
My copy is bound in a lemon yellow wraper, a replication of the title page (within a decorative ruled border) on the front cover, a short publisher's catalogue on the back (also within a decorative ruled border) including short descriptions of 13 works : "En vente à la librairie PETROT-GARNIER // HISTOIRE DE CHARTRES, par M. F. de Lépinois. 2 forts vol.in 8o, // ornés de neuf gravures...15fr.....DOCUMENTS HISTORIQUES sur le Comté et de la Ville de Dreux, par // M. E. Lefèvre. 1 fort vol. sur papier vélin.....8 fr. ....SOUVENIRS HISTORIQUES CHARTRAINS, jounal de D. Geslain, // prieur de Saint-Père (1746-1758), 1 vol. .....2 fr. 50.[cf. vdM 1656, with the annotation : "Not Seen!"].

 

In format and appearance this work appears to be is quite similar to the Annuaire de l'Eure-et-Loir, issued from the same printing house.  Here is a .jpg of the rather tattered and soiled wrapper of my copy.

 

 

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